Tim Feeney

Colombie-Britannique

Nombre de projets : 2

Valeur des terres : Selon les évaluations de la valeur des terres que CNC a conservées directement et avec des partenaires. 2 077 000 $

Acres conservés : 421

Bénévoles pour l’intendance : 561

Creuser pour les chevêches des terriers

Dianne Bersea

Bon nombre d’espèces, plus particulièrement les oiseaux, élisent domicile au-dessus du sol, nichant dans des arbres touffus au cœur d’une forêt dense. Les chevêches des terriers préfèrent quant à elle installer leurs nids sous terre.

Incapables de creuser leurs propres terriers, ces chouettes se servent des trous laissés derrière par d’autres animaux comme les blaireaux et les spermophiles (proche parent du chien de prairie). Au fur et à mesure que le creux des vallées se développe, on trouve de moins en moins de ces trous abandonnés qu’empruntent les chevêches des terriers pour nicher. En novembre 2016, 50 bénévoles se sont engagés avec CNC et la Burrowing Owl Conservation Society pour creuser 22 terriers sur l’aire de conservation du ranch du lac Napier au sud de Kamloops.

La fabrication de terrier est la première étape pour réintroduire ces chouettes dans ces prairies. Au printemps 2017, des couples d’oiseaux élevés en captivité ont été remis en liberté sur le site.

Les chevêches des terriers ont disparu (localement) en Colombie-Britannique dans les années 1970. Grâce aux efforts des programmes de réintroduction et des projets de conservation d’habitats, cette charmante espèce revient tranquillement s’installer dans les prairies de la Colombie-Britannique.

CNC et Burrowing Owl Conservation Society travaillent ensemble sur des projets de réintroduction de la chevêche des terriers depuis 2002, date à laquelle CNC créait l’aire de conservation Sage and Sparrow près d’Osoyoos au sud de l’Okanagan. Dans les dernières années, plusieurs couples de chouettes ont été remis en liberté avec succès sur ce site et d’autres sont à venir.

La conservation des milieux humides le long de la rivière Okanagan

Tim Feeney

Le goglu des prés effectue une des plus longues migrations des oiseaux chanteurs de l’Amérique du Nord.  Chaque année, il parcourt 20 000 kilomètres pour faire l’aller-retour avec l’Amérique du Sud (et l’équivalent de 4 à 5 fois la circonférence de la terre au cours de sa vie). L’été, il niche dans les aires ouvertes à travers presque tout le sud du Canada et dans le nord des États-Unis.

Peut-être apercevrez-vous le goglu des prés en vous baladant le long de la rivière Okanagan, un site de nidification essentiel de cette espèce dans la vallée de l’Okanagan. La propriété des méandres d’Osoyoos (Osoyoos Oxbows), sur la rivière Okanagan, est un paradis pour les observateurs d’oiseaux.  Elle recèle des habitats reconnus comme étant des Zones importantes pour la conservation des oiseaux (ZICO) pour plusieurs espèces en plus de contenir certains des derniers marais de cette aire de milieux humides autrefois vigoureux.

D’autres espèces de la région, dont le courlis à long bec et la paruline polyglotte, ont été désignées, tout comme le goglu des prés, espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).

En mars dernier, CNC a annoncé la conservation de cette propriété de 90 acres (36 hectares) de milieux humides situées au cœur d’une des meilleures régions de Colombie-Britannique pour l’observation d’oiseaux.

Ce projet permet de restaurer certains champs agricoles pour les remettre à l’état naturel de milieu humide. Les méandres (oxbows) sont des canaux situés en zone humide qui ont été coupés de la rivière principale, la Osoyoos. Ces canaux faisaient partie de la trajectoire initiale de la rivière Okanagan, modifiée dans les années 1950 pour la rendre moins sinueuse et ainsi contrôler les inondations. Le fait de recréer ces méandres permettra à certaines espèces de milieux humides, telles que la tortue peinte, le crapaud du Grand Bassin et la salamandre tigrée à éclaboussures (toutes des espèces en péril selon le COSEPAC), de repeupler cet endroit à partir des environs. 

Canards Illimités Canada (CIC) est un partenaire important de CNC pour le projet des méandres d’Osoyoos. En plus d’avoir contribué aux fonds pour l’achat de cette propriété, CIC en est copropriétaire et collaborera pour les travaux de restauration du site.

Plusieurs donateurs ont contribué au succès de ce projet, dont le Gouvernement du Canada, par le Programme de conservation des zones naturelles, la Habitat Conservation Trust Foundation, le U.S. Fish and Wildlife Service, la British Columbia Conservation Foundation, le Oliver-Osoyoos Naturalists' Club, le South Okanagan Naturalists' Club, la Okanagan Similkameen Parks Society, le Burrowing Owl Winery ainsi que de nombreux particuliers.

La conservation des milieux humides protège un habitat d’importance mondiale pour les oiseaux migrateurs

CNC

Pour les grizzlys qui se déplacent entre les monts Purcell et les Rocheuses, les milieux humides le long de la rivière Columbia, protégés par CNC, forment un corridor faunique des plus importants dans le sillon des Rocheuses (Rocky Mountain Trench). Ces terres sont essentielles à la migration des mammifères entre ces deux chaînes de montagnes.

En février dernier, CNC annonçait un nouveau projet de conservation de milieux humides dans la vallée de la Columbia, près de Radium Hot Springs. L’aire de conservation assurera un habitat sécuritaire et non perturbé pour les grizzlys et aussi pour les oiseaux migrateurs.

Ce projet, un site Ramsar d’importance internationale, correspond à la deuxième phase des travaux effectués par CNC en vue de créer l’aire de conservation Luxor Linkage. Celle-ci vise à assurer la protection des terres d’une grande valeur écologique qui font partie d’un corridor faunique reliant la vallée de la Columbia aux Rocheuses. 

Les milieux humides qui bordent la rivière Columbia constituent une halte migratoire de première importance pour la sauvagine et d’autres oiseaux; bon nombre s’y reproduisent et s’y alimentent. Une variété d’animaux sauvages dépendent des milieux humides pour une partie ou l’ensemble de leur cycle de vie, dont de nombreuses espèces en péril (selon leur désignation par le COSEPAC), comme l’engoulevent d’Amérique, le grèbe élégant, la truite fardée versant de l’ouest et le crapaud de l’Ouest.

Les hautes terres de la propriété sont composées de prairies et de forêts ouvertes de sapins de Douglas. Ces habitats sont associés à plus de 70 espèces désignées en péril par le BC Conservation Data Centre (centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique), dont le blaireau d’Amérique, le grizzly, le pic de Lewis, le petit-duc nain, et plusieurs espèces de plantes rares, dont la townsendie de Hooker qui figure sur la liste rouge de la Colombie-Britannique.

Un des plus importants bénéfices de ce projet est qu’il permet la protection d’un corridor faunique fréquenté par des mammifères à grands domaines vitaux qui traversent la vallée de la rivière Columbia.

Ce projet a été rendu possible grâce au financement du Gouvernement du Canada, par le Programme de conservation des zones naturelles. Le Fish and Wildlife Compensation Program, la Sitka Foundation, la Vital Ground foundation et d’autres particuliers ont également contribué à financer le projet.

Des observateurs d’oiseaux au lac Columbia  – une aire de conservation de CNC, lot 48 – ont eu toute une surprise en apercevant un blaireau d’Amérique. Cette espèce en voie de disparition n’avait pas été observée dans cette aire de conservation depuis des décennies.